Fragments sur les Temps Présents

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Qu’est ce que le fascisme ?

Posté par nicolaslebourg le 24 novembre 2009

Par Nicolas Lebourg

Comment comprendre le fascisme ? C’est un objet souple, fluide. Sans texte fondateur ni dogme, il a pu, selon les nécessités de l’instant, prôner en matière économique et sociale aussi le bien la non-intervention de l’Etat que le dirigisme. Le définir a donc toujours été un défi. Le fascisme se veut hors de définition, il refuse d’être un « isme » comme les autres : Mussolini invente le terme mais quand on lui demande ce qu’il recouvre il répond que la doctrine du fascisme c’est le fait, son programme de gouverner l’Italie. Or, définir un sujet, c’est poser une problématique, décider de limites, affirmer un point de vue. Selon la définition que l’on choisit se transforment l’objet historique, son analyse, la réalité même qu’on lui prête. Ainsi, le terme « fascisme » ne se limite pas à l’Italie du Duce. Pour les historiens, il est souvent question des  fascismes : le cas transalpin, le nazisme, des mouvements et partis français, roumain, croate, etc., certes constitués par imitation globalement, mais en intégrant des traditions propres. Lisez la suite de cette entrée »

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La Révolution française vue de droite

Posté par nicolaslebourg le 7 octobre 2009

saint-just noir-rouge-blancPar Nicolas Lebourg

L’une des particularités de la société française est de sempiternellement réinitialiser l’histoire de ses conflits. A chaque conflit social, à chaque débat polémique, surgissent les représentations de la Révolution Française, de la Résistance, 1936, 1968, etc. Le socle des usages sociaux de notre Histoire demeure l’événement qui fonde l’ère contemporaine, la Révolution ; la campagne présidentielle 2007 vit ainsi François Bayrou faire campagne « au nom du Tiers-Etat » quand Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s’arrachaient La Marseillaise et le drapeau français. Dans le cadre politique français, toute utopie et toute référence historique ne peuvent ainsi se saisir qu’en précisant d’abord quel est le positionnement choisi par rapport à la Révolution française. Au-delà de la problématique référentielle, l’enjeu s’explique par la modalité française de gestion des crises de l’Etat. Ce signe est si essentiel qu’il a mené jusqu’aux fascistes français à adopter une position originale vis-à-vis d’une période unanimement exécrée par leurs homologues étrangers. Il permet dès lors de comprendre les modalités des tentatives de modernisation du fascisme, en particulier dans le cadre du nationalisme-révolutionnaire. Lisez la suite de cette entrée »

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Los Españoles en el Campo de Rivesaltes [1939–1986]

Posté par nicolaslebourg le 9 septembre 2009

interné espgnol au camp de Rivesaltes (1940)Par Nicolas Lebourg

En 1938, el ejército francés construye el campamento militar Joffre en el municipio de Rivesaltes, a unos treinta kilometros de la frontera franco-espanola del Pertus. Conocido como « el Campo de Rivesaltes », este emplazamiento abarca 615 hectareas en una planicie caracterizada por un clima particularmente violento: un frio insoportable en invierno y un calor intolerable en verano. Estas peculariedades fueron las que provocaron que el ejército renunciara a su proyecto inicial, la instalacion de caballerizas, al considerar que los caballos no podrian sobrevivir en semejantes condiciones. Como le escribe Joël Mettay, un periodista que ha trabajado sobre la historia del campo : lo que no impidio que el sitio se juzgara como apto para acoger a los diferentes grupos humanos que mas tarde serian internados en este espacio. Lisez la suite de cette entrée »

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Comprendre l’Extermination des juifs d’Europe

Posté par nicolaslebourg le 22 août 2009

Mémorial d el'extermination des juifs d'Europe (Berlin)Par Nicolas Lebourg 

Durant le procès Papon, Claude Lanzmann affirma « l’absolue obscénité » qu’il y aurait à vouloir « comprendre la Shoah » ; c’est là une idée désormais amplement répandue en France. Ainsi, l’hégémonie culturelle et médiatique de la représentation mémorialiste n’a eu d’autre conséquence que de mener une guerre à l’intelligence et à la vérité des faits, tels que l’ont démontré Pierre Nora et Françoise Chandernagor (Liberté pour l’Histoire, CNRS éditions, Paris, 2008). Car, comprendre, comparer, mettre en intelligence, c’est là le travail même de l’historien. Il n’est en rien étonnant que cet interdit ait été formulé par celui-là même qui imposa en France le mot « Shoah ». Lisez la suite de cette entrée »

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L’Epuration ou comment régénérer et réconcilier Etats et sociétés [1944-1948]

Posté par nicolaslebourg le 28 juillet 2009

Affiche de la LibérationPar Nicolas Lebourg 

Si dans chaque pays il y a châtiment des collaborateurs, la sortie de la Seconde guerre mondiale voit réussir un projet qui avait échoué lors de la sortie de la guerre 14-18 : le jugement devant une Cour internationale des dirigeants allemands accusés d’avoir causé la guerre. Churchill n’était pas pour, considérant qu’il fallait fusiller les dignitaires du Reich sans autre forme de procès. Roosevelt, Staline et de Gaulle (questionné à ce sujet en avril 1945) étaient partisans de ce jugement. Mais aux crimes de guerre sont ajoutées de nouvelles qualifications : c’est le tribunal de Nuremberg qui le premier use des qualifications de crimes contre l’humanité et de génocide. Face  à ce cas emblématique existe néanmoins une pluralité de situations d’Epuration, des violences homicides dans le Nord de l’Italie à l’internement au camp de Rivesaltes en Roussillon. Par-delà, c’est un nouvel ordre mondial qui se fonde. Lisez la suite de cette entrée »

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Guerre et Paix, Droite et Gauche [ou vice-versa]

Posté par nicolaslebourg le 18 avril 2009

affiche Paix et Liberté 1954Par Nicolas Lebourg 

Le récent sommet de l’OTAN, les non-débats enflammés quant à la Guerre à Gaza, les prochaines élections européennes : autant d’éléments de notre actualité donnent cours régulièrement à des débats sans fin (et parfois sans fonds) quant à savoir « qui est le camp de la paix ? », quel est celui de la guerre. En Europe occidentale, entre deux instrumentalisations xénophobes, c’est le concept de la nation qui sert souvent de pivot aux argumentaires. « Le nationalisme c’est la guerre » avait lancé François Mitterrand pour faire saisir l’urgence du dépassement du fait national au profit de la construction européenne. Le propos est aujourd’hui souvent rabaissé à la polémique : le camp d’en face (partisans ou adversaires de l’OTAN, de l’UE telle qu’elle est, etc.) serait en sa nature porteur de bruit et de fureur, par là-même il témoignerait de son  substrat anti-libéral (au sens politique du terme). Qu’en est-il ? Démêler l’écheveau des représentations ne peut se faire que par le recours à l’Histoire. Lisez la suite de cette entrée »

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Le Camp du Barcarès : quelques instantanés [1939-1942]

Posté par nicolaslebourg le 9 février 2009

barcaresPar Nicolas Lebourg

Les commémorations de la Retirade (ou Retirada), ce formidable exil des républicains espagnols traversant les Pyrénées, ont commencé des deux côtés de la frontière. En 1937 et 1938, environ 70 000 Espagnols avaient déjà trouvé refuge en France. Etant donné l’évolution de la guerre d’Espagne, la consigne du ministre français de la Défense était de préparer l’accueil de 15 000 nouveaux arrivants. Mais à partir de février 1939, ce sont plus de 450 000 républicains qui franchissent la frontière. En mars, 264 000 Espagnols se serrent dans les camps du Roussillon. – quand la population départementale s’élève à moins de 240 000 personnes. Les camps sont improvisés sur les plages (Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, le Barcarès), des installations militaires sont reconverties (Collioure, Mont-Louis). Voici, pour les 70 ans ce cet exil, quelques photographies choisies du camp du Barcarès, quelques documents produits alors par les services de l’Etat. Lisez la suite de cette entrée »

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L’Historien, entre la société et le politique

Posté par nicolaslebourg le 24 janvier 2009

le_prisonnierPar Nicolas Lebourg 

La recherche historique ne se fait jamais hors du contexte culturel global. L’historien a des outils scientifiques mais est aussi un acteur social. Il participe au paradigme en vigueur, c’est-à-dire à l’ensemble des représentations et conceptions socialement admises. Aussi quand le scientifique fait œuvre de raison, il le fait dans l’espace du temps qu’il habite, parfois contre celui-ci. Nombre de personnes ne comprennent ainsi pas comment des théories qui paraissent aujourd’hui aussi saugrenues que celles jadis diffusées sur les races aient pu disposer du soutien d’intellectuels et savants. En effet, ces idées participaient à l’espace public et à la formation intellectuelle rationnelle. Au jour présent, l’exigence d’un rôle social de l’histoire, d’un devoir de mémoire, aboutit à une lecture unidimensionnelle des faits et un refus de regarder le document historique comme un objet produit pour y voir l’essence de la vérité. Dans tous les cas, c’est la question de la fonction  sociale de l’historien et de l’intellectuel qui est posée. Lisez la suite de cette entrée »

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Mythes antisémites et opinion publique

Posté par nicolaslebourg le 13 décembre 2008

judePar Nicolas Lebourg

L’antisémitisme n’est pas multimillénaire, comme le veut le on-dit La naissance et le sens même du mot « antisémitisme » sont éminemment contemporains. Il s’agit là d’un mythe politique, apte à structurer les masses qui dirigent l’action historique du XXe siècle. Il se construit lui-même à base de diverses mythologies, partant seules ou en groupe à la conquête de l’esprit public – sachant que Bourdieu nous a appris que « l’opinion publique n’existe pas » et Bachelard qu’elle a « toujours tort ». Le mot « antisémitisme » a été inventé en Allemagne en un texte publié à Berlin en 1879 par William Marr. La pensée s’inspire des découvertes sur la parenté des langues indo-européennes qui ont donné naissance au mythe de la race aryenne : ici ce sont les langues du Moyen-Orient qui sont regroupés en un ensemble sémitique dont on dérive le terme « sémite » pour dégager et ensuite fustiger une race juive. L’intention de Marr était d’offrir un nouveau cadre au signe anti-juif voulant le sortir du contexte religieux, de l’antisémitisme à base chrétienne, de l’anti-judaïsme, pour en faire un élément objectif, scientifique, reposant sur des données historiques. Lisez la suite de cette entrée »

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Le Camp de Rivesaltes : 70 ans de répression et d’indifférence [1938-2008]

Posté par nicolaslebourg le 5 décembre 2008

baraque-taggee-du-campPar Nicolas Lebourg

La France de l’entre-deux-guerres est le premier pays d’immigration au monde. Toutefois, durant les années 1930, se répand dans les élites l’idée d’une sélection des migrants, fondée sur leur assimilabilité économique et ethno-culturelle, tandis que les masses se raidissent face aux influx de réfugiés, perçus comme une concurrence sur le marché du travail. En 1938, est instauré pour la première fois un sous-secrétariat d’Etat en charge de l’immigration et des étrangers. En 1938 également, à quelques kilomètres de Perpignan, aux quatre cinquièmes sur la commune de Rivesaltes et au un cinquième sur celle de Salses, est construit le camp militaire « Camp Joffre ». Outre sa mission initiale de transit pour les troupes coloniales, de dépôt et d’instruction, ce lieu n’a cessé de recevoir des populations civiles et des soldats vaincus. Lisez la suite de cette entrée »

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La Vie en camp : courriers d’avant la déportation [1941 - 1942]

Posté par nicolaslebourg le 11 octobre 2008

Par Nicolas Lebourg

En 1808 comme en 1834, selon les documents du ministère des cultes, il n’existerait « aucun juif » dans le département des Pyrénées-Orientales. C’est toutefois ici, au village de Rivesaltes, que le régime de Vichy instaure l’un des importants rouages de sa politique antisémite. Les hommes et les femmes qui y sont internés ne sont pas simplement broyés par l’histoire : ils y prennent part, pensent et ressentent, et, le service postal fonctionnant, écrivent des courriers où ils exposent leur condition. La censure étant de rigueur trace reste en archives de ces plis. Lisez la suite de cette entrée »

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Le Camp de Rivesaltes [1938-2007] Histoires entrelacées de l’internement d’État. Le camp comme technologie de gouvernement du visible.

Posté par dominiquesistach le 10 octobre 2008

Par Dominique Sistach

La littérature savante des camps européens du XXème siècle présente un ordre historique des discours qui se laissent aujourd’hui investir par les sciences sociales[1]. Les camps sont fondés par des réalités historiques objectives et visibles : les déplacements de populations engendrées par les guerres mondiales. Le camp représente une unité bureaucratique territoriale d’exception militaro-policière apte à commander, contrôler et produire ses populations en attente. Les représentations fatalistes de la guerre et des crises servent à justifier les techniques juridiques et les pratiques administratives qui apparaissent comme des clauses spécifiques de la modernisation des gouvernements. Lisez la suite de cette entrée »

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