Fragments sur les Temps Présents

Articles reli´s: «:Socialisme»

La Révolution française vue de droite

Posté par nicolaslebourg le 7 octobre 2009

saint-just noir-rouge-blancPar Nicolas Lebourg

L’une des particularités de la société française est de sempiternellement réinitialiser l’histoire de ses conflits. A chaque conflit social, à chaque débat polémique, surgissent les représentations de la Révolution Française, de la Résistance, 1936, 1968, etc. Le socle des usages sociaux de notre Histoire demeure l’événement qui fonde l’ère contemporaine, la Révolution ; la campagne présidentielle 2007 vit ainsi François Bayrou faire campagne « au nom du Tiers-Etat » quand Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s’arrachaient La Marseillaise et le drapeau français. Dans le cadre politique français, toute utopie et toute référence historique ne peuvent ainsi se saisir qu’en précisant d’abord quel est le positionnement choisi par rapport à la Révolution française. Au-delà de la problématique référentielle, l’enjeu s’explique par la modalité française de gestion des crises de l’Etat. Ce signe est si essentiel qu’il a mené jusqu’aux fascistes français à adopter une position originale vis-à-vis d’une période unanimement exécrée par leurs homologues étrangers. Il permet dès lors de comprendre les modalités des tentatives de modernisation du fascisme, en particulier dans le cadre du nationalisme-révolutionnaire. Lisez la suite de cette entrée »

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Nazi-maoïsme ? Gauchistes d’extrême droite ? Mythe et réalités de l’oscillation idéologique après Mai 68

Posté par nicolaslebourg le 18 septembre 2009

Logo de Terza PosizionePar Nicolas Lebourg

La révision du marxisme, le rejet de l’impérialisme (qu’il soit américain ou soviétique) faisant de la Chine un nouveau modèle d’horizon, la condamnation ferme des valeurs « bourgeoises » et de la démocratie de marché, le désir d’ordre : voilà autant d’éléments qui, à la suite de 1968 et par-delà leurs contradictions, laissent entrevoir un espace pour un nationalisme qui saurait se rénover et se mettre à l’école des nouvelles contestations. En effet, si à l’origine l’extrême droite ne se dit pas « révolutionnaire » avant 1917, il n’est pas de « nationalisme-révolutionnaire » sans le phénomène gauchiste. Le grand chambardement n’advient certes pas et, structurellement, c’est en fait l’adhésion sociale aux institutions et valeurs en place qui s’est renforcée. Lisez la suite de cette entrée »

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La Nouvelle droite française et son rapport avec Mai 68

Posté par jeanyvescamus le 31 août 2009

Affiche de Mai 68Par Jean-Yves Camus

Le Groupement de Recherches et d’Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE) et les associations qui lui sont (ou furent) liées forment ce que les historiens des idées nomment désormais par convention la « Nouvelle droite » (ND). C’est cette mouvance dont nous allons tenter de reconstituer le rapport avec ce qu’on appelle « le mouvement de mai 68 » et, de manière plus large, avec les idéologies qui, à l’extrême-gauche, en formaient l’ossature. Pour ce faire, il importe dès le départ de ne pas se laisser égarer par les apparences : si le GRECE est bien né officiellement en 1968, un peu avant le déclenchement des événements qui allaient ébranler la France, sa création n’est en rien la conséquence desdits événements et le développement, les choix idéologiques comme l’évolution ultérieure de la ND, lui sont très peu redevables. Lisez la suite de cette entrée »

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Un Occultisme postmoderne : la Magie du Chaos

Posté par stephanefrancois le 10 août 2009

Sorcier, peinture d'Austin Osman Spare (1905)Par Stéphane François

Comme son titre l’indique, nous allons nous pencher dans cet article sur un mouvement magique. Mais avant toute chose, il est nécessaire d’expliquer au lecteur, souvent novice sur ce sujet, ce qu’est la magie. Selon Massimo Introvigne, qui a consacré un ouvrage à cette question, la magie peut être définie de la façon suivante : elle peut être vue comme une pratique immémoriale et amorale qui cherche la reconquête de pouvoirs perdus, permettant à l’homme de devenir l’égal des dieux (kracophanie). Il s’agit donc, pour les magiciens, de retrouver la part divine que l’homme a perdue en chutant. La magie noire est donc une tentative de manipulation prométhéenne du sacré au service du sujet agissant désirant s’emparer des pouvoirs mêmes de Dieu, à commencer par le pouvoir sur la vie et la mort Lisez la suite de cette entrée »

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Guerre et Paix, Droite et Gauche [ou vice-versa]

Posté par nicolaslebourg le 18 avril 2009

affiche Paix et Liberté 1954Par Nicolas Lebourg 

Le récent sommet de l’OTAN, les non-débats enflammés quant à la Guerre à Gaza, les prochaines élections européennes : autant d’éléments de notre actualité donnent cours régulièrement à des débats sans fin (et parfois sans fonds) quant à savoir « qui est le camp de la paix ? », quel est celui de la guerre. En Europe occidentale, entre deux instrumentalisations xénophobes, c’est le concept de la nation qui sert souvent de pivot aux argumentaires. « Le nationalisme c’est la guerre » avait lancé François Mitterrand pour faire saisir l’urgence du dépassement du fait national au profit de la construction européenne. Le propos est aujourd’hui souvent rabaissé à la polémique : le camp d’en face (partisans ou adversaires de l’OTAN, de l’UE telle qu’elle est, etc.) serait en sa nature porteur de bruit et de fureur, par là-même il témoignerait de son  substrat anti-libéral (au sens politique du terme). Qu’en est-il ? Démêler l’écheveau des représentations ne peut se faire que par le recours à l’Histoire. Lisez la suite de cette entrée »

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Qu’est ce que la solidarité ? [2/2]

Posté par dominiquesistach le 1 avril 2009

Jaurès : la solidarité sociale et non ethnique comme voudraient le faire accroire d'aucunsPar Dominique Sistach 

La solidarité est désormais socialement obligatoire. Si le terme a aussi pour sens premier, ce qui est physiquement solide, on comprend mieux le sociologue britannique, Zygmunt Baumann qui qualifie la société contemporaine, et l’amour même, comme étant rendus à l’état liquide. C’est là le travail impératif des institutions sociales : garantir, entretenir, restaurer la liquidation de tous les types et de tous les états de solidarité, pour lutter plus encore contre la liquidation des dispositifs plus ténus, au cœur même du rapport social, ceux qui font que nous nous reconnaissons encore entre nous. Voilà aussi pourquoi l’État Providence est devenu myriade d’institutions sociales, d’institutions des solidarités. Lisez la suite de cette entrée »

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Qu’est-ce que la solidarité ? [1/2]

Posté par dominiquesistach le 25 mars 2009

mains1Par Dominique Sistach

Le destin des mots nous est inconnu, leurs sens semblent ainsi transportés par la destiné de leur époque. Cependant, la littérature savante et sa doctrine nous laissent à penser que l’histoire elle-même n’est qu’un organon du discours. La recherche du sens nous fixe notre objet en mouvement. Nous ne nous posons plus alors la question du « qu’est-ce que ? », mais bien celle du « quand est-ce ? », et surtout celle du « pourquoi est-ce que cela change ? » Comme l’exposait tendancieusement Léon Bourgeois à la fin du XIXème siècle, il existe une solidarité naturelle qui dépasse toutes lois des intérêts. Cette solidarité est au-delà de l’histoire des intérêts particuliers, elle relève d’une loi de l’espèce et de sa survie. Selon la tradition aristotélicienne, on le sait, l’homme est un être destiné à vivre en société. La socialité et la solidarité sont ainsi des primats humains, au-delà de ce qui caractérise tout être vivant qui doit se nourrir, se reposer et se reproduire, le propre de l’humanité est de n’exister que par l’autre. Lisez la suite de cette entrée »

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Des Notions de “terreur” et de “violence” en politique

Posté par nicolaslebourg le 11 janvier 2009

guernicaPar Nicolas Lebourg

Lors du début de la guerre en Irak de 2002, à la première conférence de presse, le porte-parole de l’armée américaine évoquait les troupes irakiennes en usant constamment du vocable « les terroristes ». Il s’agissait bien, outre l’amalgame produit avec Al-Qaêda, de nier l’existence d’un Etat irakien. D’ailleurs ce mot n’apparaissait jamais : on parlait du « régime » (donc de quelque chose de dévalorisé, de négatif et archaïque qu’il faut abattre) et le mot « Etat » n’apparaissait que dans l’expression « appareil d’Etat », c’est-à-dire les instruments de la dictature en tant que telle : le parti unique, l’armée, etc. Lisez la suite de cette entrée »

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Novembre 1918 : le socialisme à la croisée des chemins

Posté par romainducoulombier le 25 novembre 2008

uneessai21105Par Romain Ducoulombier

En 1918, alors que s’achève la Première Guerre mondiale, le Parti socialiste se trouve à un tournant de son histoire. Né en 1905 sous la dénomination officielle de Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), il s’est engagé en 1914 dans une guerre dont il ne soupçonnait alors ni la durée ni l’horreur. Plusieurs de ses figures prestigieuses, Marcel Sembat, Jules Guesde, Albert Thomas, entrent au gouvernement pour manifester par leur présence la contribution des socialistes à la défense nationale. Quatre ans plus tard, tout a changé.

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Le Spectre du réformisme [1918-2008]

Posté par romainducoulombier le 15 novembre 2008

jaures-rougePar Romain Ducoulombier

La coïncidence inattendue des commémorations de 1918 et du congrès du Parti socialiste nous offre l’occasion de réfléchir à un moment clef de l’histoire du socialisme français. Certes, le parti de 2008 n’est pas celui du début du XXe siècle. Mais les socialistes, aujourd’hui comme hier, nous expliquent toujours dans leurs tribunes qu’il existerait deux socialismes : un socialisme libéral, et un socialisme de changement. La conviction que deux visions s’opposent au sein d’une même famille n’est pourtant pas constitutive de l’idée socialiste. C’est au contraire un produit de son histoire. Lisez la suite de cette entrée »

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“Ni droite, ni gauche : en avant !” : en quête d’une “Troisième voie”

Posté par nicolaslebourg le 15 novembre 2008

Affiche de propagande travail en Allemagne - VichyPar Nicolas Lebourg

Si, au cœur de l’idéologie de l’extrême droite se tient la dénonciation de la réduction de l’homme à l’économique, les fascistes ont fait montre de plasticité et de pragmatisme en considérant que « le fascisme n’est pas attaché particulièrement à un système de production »[1]. Pour les néo-fascismes, exclus du système politique, pourfendre symétriquement les matérialismes capitaliste et marxiste est tâche dialectique complexe lorsqu’ils voient l’ordre mondial être bipolarisé par l’affrontement de ceux-ci. Les études sur les néo-fascismes éludent d’ailleurs amplement la question de leurs théorisations économiques, signe du peu de sérieux prêté aux néo-fascistes, et, par là même, de la complexité pour eux à produire un discours viable et audible (et réciproquement : leur difficulté à la production de thèses économiques explique en partie le peu de sérieux qui leur est prêté). Lisez la suite de cette entrée »

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A Feu et à sang

Posté par romainducoulombier le 5 octobre 2008

Par Romain Ducoulombier

L’essai d’Enzo Traverso, A feu et à sang. De la guerre civile européenne, 1914-1945, Paris, Stock, 2007, est un ouvrage de combat. Il appartient à cette littérature idéologique dont la floraison accompagne les grands débats historiographiques. Le titre même de l’ouvrage, qui semble avoir remporté un petit succès éditorial, indique ce qu’il attaque : une prétendue vulgate « dominante », menée par l’historien allemand Ernst Nolte, et à laquelle sont abusivement assimilés d’autres historiens qui en ont discuté ou non l’œuvre, comme Patrice Gueniffey ou François Furet. Lisez la suite de cette entrée »

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