Si le leader du Front national se veut le défenseur de l’Irak - dont il souhaite à n’en pas douter la victoire au début des hostilités, allant même jusqu’à marquer, dans ce soutien, un certain rapprochement avec la sémantique du djihadisme[1] -, cette prise de position se décline sur deux modes différents. Le premier s’inscrit dans la ligne différentialiste en prenant la défense d’une nation marquée par une culture séculaire. Jean-Marie Le Pen ne cesse en effet de porter aux nues le passé de l’Irak, épicentre d’une culture grandiose, « dont l’histoire remonte à plus de 8000 ans, et qui a été le berceau de la civilisation », pays des « Sumériens qui créèrent l’écriture, celui des Assyriens dont l’Empire atteint la Méditerranée, celui enfin des Chaldéens, avec Nabuchodonosor qui fit de Babylone la plus belle ville du monde »[2]. Et de se désespérer à ce titre du pillage des musées et bibliothèques, « trésors de l’humanité »[3], lors de la situation anarchique qui suivit la victoire des troupes anglo-américaines. Si les Arabes vivant sur le sol national subissent les foudres de ses déclarations xénophobes, ceux vivant dans leur aire culturelle d’origine - ou du moins prétendue telle - se voient entourés de toute la considération due à un peuple respectable qui a toute sa place dans la vision différentialiste du monde. Lisez la suite de cette entrée »
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Le Front national et les guerres contre l’Irak [2/2] : de la défense du droit des peuples à la banalisation de la dictature
Posté par sylvaincrepon le 1 décembre 2008
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Le Front national et les guerres contre l’Irak [1/2] : les raisons inattendues du soutien à Saddam Hussein
Posté par sylvaincrepon le 1 décembre 2008
En 1990, lors de l’invasion du Koweït par les troupes de Saddam Hussein, Jean-Marie Le Pen surprenait l’ensemble du monde politique français en se déclarant opposé à l’intervention alliée. Joignant l’acte à la parole, il se rendait même en Irak rencontrer Saddam Hussein pour l’assurer de son soutien. Il prétendra par la suite avoir obtenu du dictateur irakien la libération des otages français retenus pendant tout le prologue du conflit. Son opposition à l’attaque américano-britannique de 2003, si elle s’inscrit dans la même ligne, n’en continue pas moins de paraître atypique avec son discours de politique intérieure. Comment un parti politique qui axe l’essentiel de son discours sur la dénonciation de l’immigration maghrébine, qualifiée d’« invasion » arabe et musulmane, et qui en plus a été crée par d’anciens partisans de l’Algérie française (notamment issus de l’OAS)[1], peut-il en venir à prendre la défense de l’Irak, pays arabe et musulman, contre une coalition occidentale ? Et peut-il de surcroît, sur le plan politique international, tenir un discours anti-américain radical et des propos qui pourraient laisser supposer un penchant pro-arabe ? Lisez la suite de cette entrée »
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