Par Sylvain Crépon, Romain Ducoulombier, Stéphane François, Nicolas Lebourg, Jean-Baptiste Pointel et Valéry Rasplus
Le dessin de presse est un lieu d’exacerbation des paradoxes du réel, surtout quand ce dernier exaspère… Il ne pratique pas le consensus mais est incisif par fonction : c’est un genre que l’on nomme « caricature » de manière générique depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à il y a une vingtaine d’années (le travail d’un Art Spiegelman, par exemple, dans The New Yorker, témoignant clairement que le seul champ de la caricature est amplement dépassé). Oscillant donc entre l’éditorial, critique sur l’actualité, relevant de l’information, et la caricature, visant l’humour et le ridicule, le dessin de presse suit une ligne délicate. La presse satirique, dont relève cet exercice de style graphique, a pour finalité de provoquer une prise de conscience d’un phénomène, de mettre en lumière une situation pour susciter des questions et accoucher d’une pensée critique. En cela, le dessin de presse participe clairement de l’activité démocratique : « Le genre satirique est une tradition bien française qui apparaît comme une forme de la liberté d’expression », soulignait Basile Ader, avocat spécialiste de la liberté de la presse. Lire la suite →